Vous avez rédigé tous les textes de votre plaquette, ils synthétisent vos messages principaux et ont été scrupuleusement relus avant impression. Écrire, ça prend du temps, alors autant optimiser l’opération en copiant ces beaux textes sur le site ! En voilà une idée qu’elle est bonne, non ?

Pourquoi faut-il réécrire pour le Web ?

En plagiant vos écrits destinés à l’impression, vous serez malheureusement la seule personne à nager dans l’allégresse. Vos textes ont sûrement été synthétisés pour tenir dans un petit format ? Peut-être même (j’ai bien dit : « peut-être ») aviez-vous trouvé l’inspiration chez un concurrent ?

Tout site internet a des objectifs de visibilité. L’argent, le temps investi doivent pouvoir générer des visites et plus concrètement : des ventes et des prises de contact. Google sera certes votre principal allié, mais il sera aussi très exigent sur la qualité du contenu : vos textes devront être uniques, originaux, pertinents.

Et avec des textes destinés à l’impression, nous aurons plusieurs problèmes :

  • Le parti pris de la synthèse est contraire à la recherche sur le web. Les internautes visitant votre site s’attendent à trouver de l’information accessible et complète. La qualité rédactionnelle, la générosité des textes sont autant de signaux positifs pour asseoir votre bonne réputation et susciter les contacts.
  • Le ton commercial fait fuir les internautes, un site internet étant beaucoup plus facile à quitter qu’une conversation inintéressante !
  • Les jolies formules lyriques ou poétiques, les jeux de mot n’ont aucun intérêt sur le web, qui plus est dans les titres. Être visible signifie surtout travailler son référencement et donc des mots clés concrets, possiblement tapés par les internautes en phase de recherche.

Vous le comprenez : le véritable problème, c’est que beaucoup d’entreprises ne prennent pas la peine d’adapter leurs textes au média Web. Sans contenu convaincant et qualitatif, le site internet ne décolle pas. Les quelques visiteurs n’arrivent pas à entrer en lecture et partent ! Tous ces efforts, tout cet argent investi dans le graphisme, les développements, pour un résultat aussi décevant…

Les mythes sur la lecture web

Il faut dire que l’écriture web souffre d’a priori bien difficiles à éradiquer, à moins de faire un peu de pédagogie. Voici un petit florilège des plus répandus :

  1. Les internautes impriment les pages internet pour les lire ;
  2. Les internautes ne scrollent pas, il faut donc éviter les pages trop longues ;
  3. Il faut un volume de texte très court sinon les textes ne seront même pas regardés.

Dans les faits, il est prouvé que les internautes ne lisent jamais 100% du contenu. Les textes longs sont plutôt rebutants, et le temps passé sur une page est très court : de l’ordre de 30 à 60 secondes en moyenne.

MAIS, ces 3 mythes sont établis sur des raccourcis grossiers  :

  1. Si l’on éprouve le besoin d’imprimer un texte, c’est souvent parce que le webdesign ne respecte pas les règles ergonomiques permettant une lecture confortable sur écran.
  2. Les internautes scrollent ! Et plus que jamais depuis l’avènement du responsive design… Entendez par là que l’usage majoritaire des tablettes et smartphone a révolutionné les comportements de lecture. L’internaute préfère le défilement long au chargement d’une page 2 puis 3, puis 4, etc.
  3. Les textes longs sont inconfortables, indigestes au possible s’ils sont mal présentés : sans vous faire un dessin, des gros pavés bien compacts plein de lettres. Le premier principe à respecter : aérer la rédaction, insérer des titres, des sous-titres et créer des ruptures dans le texte. Bien sûr, l’image doit elle-aussi avoir une place de choix, venant illustrer et compléter le sens du texte.

Les comportements de lecture sur le web

  • Sur le Web, 79% des lecteurs auraient une lecture de type «balayage».
  • La lecture sur écran serait plus lente de 25% comparativement à la lecture papier.

Pour faire simple, l’utilisateur a les mêmes habitudes sur le web que dans la “vraie vie”. Il jette un coup d’œil à chaque nouvelle page, parcourt quelques lignes et clique sur le premier lien qui attire son attention ou qui ressemble vaguement à ce qu’il cherche. Dans les faits, une grande partie de la page n’est même pas vue, et encore moins lue.

La plupart des utilisateurs cherche quelque chose d’intéressant (ou d’utile) et de cliquable ; si rien ne correspond à leurs besoins, direction le bouton “Retour” et le processus de recherche est relancé.

Ce comportement basique se vérifie sur les sites moyens. Or, quand qualité et crédibilité sont au rendez-vous : le comportement évolue. Des études récentes issues des Analytics ont bien prouvé que la longueur de la page avait une incidence directe sur le temps de consultation. Ainsi des dossiers de fond bien construits, affichant plus de 2500 mots affolent les statistiques. Les internautes savent lire et encore mieux : plus ils restent sur la page, plus ils lisent, et plus ils augmentent leur temps de lecture, dépassant parfois les 4 minutes.

A retenir : il existe 2 types de site

Les sites moyens : les internautes y observent un comportement de zappeur, consommant ça et là de l’image, de la vidéo, et des bribes d’information.

Les sites à forte valeur ajoutée : les internautes initient un comportement de type balayage, se rendent compte que le contenu correspond à leur recherche, puis entrent en lecture normale. Celle là même permettant de comprendre et de mémoriser les infos essentielles.

En conclusion : les utilisateurs apprécient la qualité et la crédibilité.

Un site éditorial fournissant un contenu de qualité peut bien avoir un design pauvre, le visiteur fera “avec”. Ceci explique pourquoi des sites pas “terribles” mais présentant un contenu attractif font de l’audience depuis des années.

 Attention à ne pas prendre cette dernière info au pied de la lettre, vous n’êtes pas Wikipédia ! Votre site aura besoin de convaincre en affichant aussi des arguments esthétiques, tout en soignant le design et l’expérience utilisateur.

Quelques chiffres-clés de la lecture en ligne

  • Temps moyen passé sur un site: 2 minutes
  • Nombre moyen des pages consultées sur un site: 2
  • 79 % des internautes lisent toujours en diagonale, seulement 16% lisent mot à mot
  • Sur une page, le lecteur lit en moyenne 28% à 20% des mots
  • 7 secondes pour convaincre l’internaute sur la SERP (page de résultat de Google)

Inspirée par les excellents livres du CFPJ et d’Isabelle Canivet, j’ai rédigé par le passé d’autres articles dédiés à la rédaction web. Voici par exemple un article présentant des études d’eyetracking : court vaut mieux que long